CENDRILLON
Ah, quelle agitation règne dans la maison !
Depuis le déjeuner ce n’est qu’un va-et-vient
De gens fort affairés. Et pour quelle raison ?
Agathe à mes questions rit et ne répond rien.
Un grand évènement se prépare, je pense ;
Ah, j’aimerais tant savoir quoi...
SIEUR THIBAULT
Je ne suis pas trop mal, je crois,
Dans mes atours de réjouissances.
CENDRILLON
Ah, Papa que vous voilà beau !
SIEUR THIBAULT
C’est mon habit de cour.
Peux-tu arranger mon jabot ?
C’est qu’il y a de longs jours
Que je ne l’ai eu sur le dos...
CENDRILLON
Là ; il est à ravir. Mais pourquoi...
SIEUR THIBAULT
Eh, nigaud,
Tu le sais bien pourquoi : le Prince est de retour
Et défile tantôt en tête de ses troupes.
Cinq heures déjà ! Houp, houp, houp !
Il faut que je m’en aille
CENDRILLON
Quoi, vous allez le voir ?
SIEUR THIBAULT
Toi aussi petite ouaille !
Nous nous retrouverons au bal.
CENDRILLON
Au bal ?
SIEUR THIBAULT
Ah ça, tu n’es donc au courant de rien !
Quel enfant distrait que le mien !
Pour fêter de son fils le retour triomphal,
Le Roy lui donne un bal dans l’espoir, on l’assure
Qu’il y choisisse une future.
Tu dois donc t’y trouver comme toutes les filles.
CENDRILLON
Oh, mais c’est merveilleux !
SIEUR THIBAULT
Ha,ha, ton oeil pétille !
Quel retard, mes aieux !
Enfant, sans plus tarder, adieu ;
Il faut que tu t’habilles !
(il sort)
CENDRILLON
Papa, vous savez bien que je n’ai que guenilles !
Il est parti ! Ha, Dieux !
Mais peut-être qu’un coup d’aiguille
Dans des tissus point trop vieux...
Courons.